GENET (Jean) - "Je commence à m’en foutre, je trouve ça même assez bien. J’espère que la France, terre de liberté, va en chier…"

INSOLENTE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À MONIQUE LANGE

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Description

GENET, Jean (1910-1986)

Lettre autographe signée à Monique Lange.

Copenhague, Verstersohus Hotel, [20 décembre 1958, veille de l’élection présidentielle de Charles de Gaulle].

2 pages in-4 (25,9 × 20,2 cm), encre rouge. Pliures de correspondance en croix avec un minuscule trou au centre, quelques marques d’usage, bel état de conservation.

Provenance : Christie’s - Collection Patrice – Vente du 5 juillet 2005 (Lot N°10) / Collection privée.

Virulente lettre adressée à Monique Lange, dans laquelle Genet s’insurge avec une verve féroce contre Charles de Gaulle et la politique française. Monique Lange, fut l'une de ses plus proches amies. Elle se présentait elle-même comme "l'esclave" de Genet, lui servant de secrétaire, s'occupant de sa nourriture, de ses cigarettes et de ses médicaments. Écrivain et traductrice, elle fut aussi l’épouse de Juan Goytisolo et milita activement pour le FLN et l’indépendance algérienne. Jean Genet, enfant de l'assistance publique, puis jeune délinquant placé dans une maison de redressement, peint dans ses écrits l'image de ceux qui sont comme lui des exclus de la société, et ceci dans un langage explicite et cru.

Rédigée à Copenhague, au Verstersohus Hotel, la veille de l’élection présidentielle du 21 décembre 1958, cette lettre s’ouvre sur un ton faussement léger :

« Ma petite Monique, En somme tout va bien ! La Grande Andouille sera dictatrice cette nuit ou demain matin ! Je commence à m’en foutre, je trouve ça même assez bien. J’espère que la France, terre de liberté, va en chier… »

Suit une diatribe d’une ironie mordante contre le général de Gaulle, la gauche française, la presse (« Même votre Observateur, votre Express qui se tiennent dignement »), et plus largement la société française qu’il juge engourdie, médiocre et complice. L’écriture, nerveuse, impétueuse, mêle sarcasme et désespoir politique :

« les domestiques enragés auraient bien crachés dans les plats, chiés dans les draps […] mis à bouillir le nouveau-né de madame. Quelle saloperie ! La France, je m’en fous ! Qu’elle se ratatine et pourrisse un peu plus ! […] Mes compatriotes me débectent. Je chie dessus. […] mais quel cul a pu chier la France de 58» « Les Arabes doivent se marrer. C’est du FLN, c’est seulement ça qui m’inquiète. Les derniers communiqués du Majalind sont rassurants, mais la suite ? L’intégration serait terrible. Aussi criminel que le sabotage de la cure de désintoxication d’un cassé »

Le contexte politique, fin de la IVe République, naissance de la Ve et guerre d’Algérie, éclaire la virulence du texte : Genet, fidèle à sa posture d’insoumis, s’élève ici contre l’ordre moral et le pouvoir gaulliste naissant. D’une force expressive exceptionnelle, cette lettre offre un rare condensé du style et de la pensée de Genet : insolente, provocatrice, d’une liberté totale de ton et d’une sincérité brutale.

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Détails de l'ouvrage
LJE_LAS_Genet

Caractéristiques

Auteur
GENET (Jean)
Année
1958
Thématique
Lettre autographe
OUVRAGES
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